| CHAPITRE VIII |
UNE GUERRE LONGUE NEST JAMAIS POPULAIRE
1. Une guerre longue nest jamais populaire
2. Pourquoi la résolution 1234 du 09/04/1999 du Conseil de Sécurité de lONU na pas condamné ouvertement lagression de la RDC
3. Lhéritage moral et politique de nos pères de lindépendance est sérieusement menacé
4. Limiter lamnistie aux rebelles est un non sens juridique
I. UNE GUERRE «LONGUE» NEST JAMAIS «POPULAIRE»
M. Roberto GARRETON, Rapporteur Général des N.U. pour le DROITS de lHomme, a stigmatisé au cours de la conférence de Presse conclusive de son séjour de travail en RDC, la présence de plus de 20 formations militaires sur notre territoire: FAC, alliés des FAC, Rebelles, alliés des Rebelles, rébellion des pays voisin, milices, etc.
Cette liste est lugubre, mais encore plus effrayante est la conséquence majeure pour la population Congolaise : son ALIENATION TOTALE.
En effet , de quelle véritable Souveraineté voudrions nous nous prévaloir dans un contexte pareil dinsécurité et de droit au bout du fusil? Avec une moyenne de deux Armées pour chaque région de ce pays, de quel forme de nationalisme parlons-nous?
Nous Congolais, nous sommes devenus comme des brebis entourées par des loups faméliques. 20 formations militaires saffrontent sur notre territoire: les conséquences sont les massacres, les victimes civiles, linsécurité grandissante, la pauvreté.
Qui pourra sortir «vainqueur» dans un conflit pareil?
Seulement le «perdant» est certain : LA POPULATION CONGOLAISE.
Ce conflit est clairement «UN PIEGE» pour toute une génération. Soutenir le contraire serait irresponsable. Revendiquer la paix (KIMIA !) dans ce cadre dENTROPIE avancée de la RDC, équivaut à revendiquer le droit à la vie et à un futur meilleur. Les hommes et les femmes du FRONT POUR LE SURVIE DE LA DEMOCRATIE sont conscients du danger qui guette notre NATION et pour cela ils revendiquent la paix, la signature dun cessez-le-feu et la recherche dun consensus.
Notre proposition constructive concernant la tenue du FORUM DE RECONCILIATION POUR LA PAIX, LA DEMOCRATIE ET LA RECONSTRUCTION est notre apport, entièrement Congolais, au rétablissement de la paix et de la démocratie pluraliste au Congo.
Il serait irresponsable et superficiel de confondre la proposition du FORUM DE RECONCILIATION DU F.S.D. avec des rencontres du genre de DURBAN.
Le FORUM DE RECONCILIATION ne peut pas être laffaire dune ONG Sud Africaine qui, sans une sérieuse et transparente hypothèse de travail et sans une connaissance réelle du panorama politique actuel se fait le porte-parole de ceux qui (peut-être malgré eux) les affres de la guerre les vivent à partir dun Occident lointain et confortable.
Tous les Congolais ont le droit de sexprimer sur les problèmes de leur patrie, mais à partir de ce principe général jusquà nourrir la sérieuse ambition de résoudre les problèmes du Congo comme des «DEMIURGES» à distance, il y a vraiment trop de chemin à parcourir.
Malheureusement (ou peut être heureusement) lhistoire comme la politique, ne sarrêtent jamais. Cette règle vaut aussi pour la classe politique Congolaise. Mais au delà de lévolution politique une chose est certaine : tout Congolais conscient de la gravité de la situation de son pays, ne peut que souhaiter la NORMALISATION de la vie politique en RDC. Parce que, par cette voie passe le rétablissement de la paix durable et laboutissement du processus de démocratisation.
Une guerre «longue», quon se le dise franchement, nest jamais «populaire». Cette guerre peut nous faire reculer de 20 ans par rapport au développement économique et politique envisageable pour le Congo.
Etre responsable politiquement ne signifie pas seulement se rejeter la responsabilité de la guerre.
Tôt ou tard, il faudra choisir entre une guerre multipolaire, qui à bref terme, sauve le régime tel quil est mais détruit le pays, et une paix (KIMIA) pour laquelle le régime accepte de négocier en sauvant ainsi le pays.
Il sagira toujours dun choix incontournable de responsabilité politique.
Quelle sera-t-elle, en effet, la POPULARITE dun régime qui aura choisi de sacrifier le pays et son peuple pour conserver, pour quelque temps, une gestion du pouvoir sans partage ?
Le constat de la nocivité absolue de la guerre est totalement indépendant de la «nature» de la «CAUSE» de cette guerre.
La «CAUSE JUSTE» dun conflit combattu par des innombrables armées et rébellions sur notre territoire, ne peut que nous échapper entre les mains. En plus, sil existe une seule possibilité de trouver une solution négociée à ce conflit, mais on refuse de semployer sincèrement pour la réaliser, alors pourrons-nous nier de nous placer au même niveau de nos adversaires, en choisissant, nous aussi, la violence à tout prix ?
Alors, la «MAUVAISE CAUSE» de nos ennemis et la «BONNE CAUSE» des victimes se confondront dans une spirale de violence, où ceux qui ont tort et ceux qui ont raisons auront le même visage aux yeux dun peuple Congolais meurtri par les vexations dun nombre trop élevé de «gendarmes».
Quel est la raison dêtre dun Etat qui ne cherche pas le bien-être de ses sujets?
Et le bien-être collectif ne peut absolument pas se réaliser par la guerre.
Pour le Congo, vu la complexité de ses problèmes, il y a un seul choix responsable : la tenue du FORUM DE RECONCILIATION POUR LA PAIX, LA DEMOCRATIE ET LA RECONSTRUCTION, selon le schéma élaboré par le F.S.D. et lopposition interne démocratique.
IMIA ! KIMIA ! KIMIA !
Kinshasa, le 20 mars 1999
II. POURQUOI LA RESOLUTION N° 1234 DU 09/04/1999 DU CONSEIL DE SECURITE DE LONU NA PAS CONDAMNE OUVERTEMENT LAGRESSION DE LA R.D.C.
Au cours de lannée 1996, une " alliance " sagittaire a lieu : M. KABILA et un petit groupe de soi-disant nationalistes lumumbistes pactisent avec des dirigeants de pays étrangers (KAGAME du Rwanda, MUSEVENI de lOuganda et BUYOYA du Burundi), pour " LIBERER " ou " AGRESSER ", selon lappréciation dun chacun, le ZAIRE.
Naturellement cette " ALLIANCE " ne concernait pas des ETATS, et elle ne pouvait non plus concerner des ETATS, dun côté, et le mouvement politico-militaire appelé AFDL, de lautre côté, parce que lAFDL fût la couverture politique successive à laccord ; elle ne pouvait pas le procéder. La question demeure, ainsi, pleinement irrésolue. Qui a signé ce pacte scellerat ?
A partir de 1996, la présence des troupes étrangères aux côtés des " Rebelles " était très mal appréciée par lopinion publique Zaïroise et les rapports des libres débats, à ce sujet, au sein du Parlement de Transition, le témoignent amplement. Cela prouve que le peuple Congolais na jamais " INVITE " ces troupes au Congo.
A cause des divergences survenues, dont nous ne connaissons ni la nature, ni la portée, les autorités ex-rebelles congolaises dénoncent le 27/07/1998 cette " ALLIANCE SECRETE " qui les lie étroitement aux tutsi, et en suivra une maladroite tentative dexpulsion du Congo des " COOPERANTS " Rwando-Ougando-Burundais comme ou avait décidé de les appeler à cette occasion et pour la toute première fois.
Voilà réapparaître linsidieuse question de la nature et du véritable objet de cette " Alliance non écrite ", entre M. KABILA et le pouvoir tutsi.
Pour faire partir les anciens " COOPERANTS SANS TRAITE DE COOPERATION ", le Gouvernement dit de Salut Public présidé par M. KABILA, décide de mettre fin à la " COOPERATION " entre ces Etats et la R.D.C.
Mais comment aurait-il été possible de mettre fin à un traité de COOPERATION MILITAIRE jamais stipulé entre la TROIKA TUTSI et le CONGO ?
Et sil ne sagissait pas de COOPERATION MILITAIRE entre ETATS comme il est prouvé par labsence dun véritable accord de coopération formelle l " Alliance " en question avait-elle été stipulée entre quelles parties, pour être en mesure dengager la NATION CONGOLAISE toute entière ?
Jusquaujourdhui, lopinion publique congolaise lignore, comme elle ignore si vraiment un accord quelconque régissait vraiment, après mai 1997, les rapports entre la R.D.C. et les armées étrangères déjà mentionnées, et le Statut juridique des militaires tutsi présents au Congo.
La question, en réalité, se pose pour la période qui va de mai 1997 jusquau Août 1998, parce que, pour la période antérieure, il est claire que les militaires tutsi étaient, pour lEtat Zaïrois, tout simplement des agresseurs.
En effet, la CONFUSION entre les affaires de lEtat et ses engagements personnels, entretenue aveuglement depuis mai 1997 par M. KABILA, a fait commettre des erreurs fatals aux dirigeants " AFDL ". La réduction de la " LOI " à la simple " PAROLE " du Chef de lEtat auto-proclamé, a entraîné le CHAOS JURIDIQUE et INSTITUTIONNEL qui règne, aujourdhui au Congo.
Comment nier que les troupes Rwandaises et Ougandaises avaient-elles été bel et bien " invités " par M. KABILA, en 1996 ?
Au contraire, lEtat Zaïrois avait formellement dénoncé lagression du Zaïre. Et le statut juridique de ces troupes en R.D.C. demeurait invarié après mai 1997, parce que aucun traité militaire, ou dautre nature avait modifié la position " illégal " et " abusive " de ces troupes en R.D.C. Leur présence sur notre territoire se justifiait exclusivement par lalliance " personnelle " avec M. KABILA, que, dailleurs, elles-mêmes avaient mis au pouvoir.
Cest indéniable que la troïka tutsi na jamais quitté le Kivu. Elle le contrôlait militairement depuis septembre 1996, avec la bénédiction unilatérale de M. KABILA (certainement pas partagée par les populations du Kivu Maniema et des Maï-Maï).
Voilà pourquoi, la dénonciation de linvasion en Août 1998, ne pouvait pas émouvoir autre mesure la communauté internationale ou les Nations Unies.
En réalité quelle agression fallait-il dénoncer, celle dAoût 1998 (qui techniquement nétait pas une parce que " les agresseurs " se trouvaient déjà sur place avant cette date, en hommes, armes et logistique), ou celle de septembre 1996, qui appartenait désormais au passé dun Etat appelé " ZAIRE "?.
Paradoxalement , cest exclusivement la présence de M. KABILA au pouvoir qui justifie la présence de ces troupes sur notre territoire.
Voilà le terrible " PIEGE " dans lequel M. KABILA est naïvement tombé, en pactisant personnellement et sans aucun mandat des Congolais avec les tutsi, sur la dépouille mortelle de son idéal nationaliste.
Les mêmes circonstances qui avaient permis au Rwanda, Ouganda et Burundi, de ne plus reconnaître le Zaïre de Mobutu, en appuyant, ainsi, la " REBELLION " de KABILA, seront utilisées, par la suite, au détriment de lEtat Personne/RDC KABILA, grâce, par ailleurs, aux analogies néfastes entre les Mobutisme et le Kabilisme.
En réalité, dès 1996, le même processus et le même conflit se poursuit, et ce constat, malheureux mais historique, a des conséquences dramatiques pour le régime autoproclamé de M. KABILA.
En effet, la propagande de lEPOPEE DE LIBERATION fondée sur la rébellion AFDL de 1996, ne peut pas survivre, logiquement, a la dénonciation de lAgression Tutsi.
Historiquement lagression tutsi a eu lieu en 1996, parce que la présence abusive et illégale des troupes étrangères au Congo date de septembre 1996, et non dAoût 1998 (tant pour le Zaïre que pour la RDC).
Le fait de remettre la pendule à lheure sur le début de " lagression " du Congo anéantit, complètement , la démagogique épopée de libération, qui en fin des comptes, aurait servi à chasser un tyran pour le substituer avec un autre.
En plus, elle fait surgir toute la responsabilité personnelle de M. KABILA dans la tragique et confuse situation politico-militaire quil a provoqué au Congo et en Afrique Centrale, pour avoir toujours confondu lEtat Congolais avec ses scellerates tractations de guerre (la même logique continue à être appliqué, encore aujourdhui, quand on hypothèque les richesses du pays pour payer les " factures de guerre " des nouveaux " alliés ").
Aucun traité, aucun accord de Coopération a été violé, tout simplement parce que aucun traité na jamais été signé au nom de la R.D.C.
Peut-être au nom de KABILA
Comment justifier, autrement, que les " agresseurs " de 1998 avaient eux-mêmes projeté au pouvoir militairement M. KABILA, en 1997 ?
Le "COOPERANTS ETRANGERS SANS TRAITE DE COOPERATION " ont tout simplement changé de partenaires : de lAFDL-KABILA au RCD-WAMBA et ILUNGA. Et la guerre, dite de " libération " continue depuis 1996 jusquaujourdhui. Elle pourra sarrêter seulement avec la dénonciation, purement historique désormais, de linvasion de 1996 du Congo/Zaïre, et quand les forces politiques et civiles démocratiques non "vassalées " par des puissances régionales, prendront en main la destinée du Congo, pour jeter enfin les fondations dune véritable démocratie pluraliste et représentative, dans laquelle ne sera plus possible de confondre les promesses dun groupe dindividus, ou dun homme, avec les engagements formels de lEtat Congolais.
Alors, les troupes étrangères Rwandaises-Ougandaises-Burundaises et autres, nauront plus de raisons de demeurer " abusivement " sur notre territoire, et lONU, le moment venu, ne se limitera plus à dénoncer timidement la présence abusive des troupes étrangères en RDC ; il sera, alors en mesure même denvoyer, si encore nécessaire, des casques-bleue pour rétablir le souveraineté violé de lEtat Légitime du Congo et rétablir, finalement, le droit violé dun Etat et dun peuple tout entier, validement représenté par ses institutions légitimes.
III. 30 JUIN 1960 30 JUIN 1999 : LHERITAGE MORAL ET POLITIQUE DE NOS PERES DE LINDEPENDANCE EST SERIEUSEMENT MENACE.
Quelle pourrait être lattitude de nos Pères de lIndépendance, particulièrement KASA-VUBU, Gaston DIOMI NDONGALA, NZEZA LANDU, PINZI, LUMUMBA, BOLIKANGO, etc. face à la situation de grave déchirement politico-institutionnel que vit notre pays aujourdhui ?
Je crois quils auraient reconnu des analogies avec lexpérience politique quils avaient vécu avant darracher lindépendance du Congo.
En effet, leur lutte visait essentiellement la reconnaissance du droit des Congolais à être considérés des citoyens à part entière, capables dassumer leur propre destin et celui de leur pays, sans subir la tutelle des " Noko " belges.
Maintenant que les " Noko " ont changé de visage, quils se disent " nationalistes " et " libérateurs ", nous constatons quils essaient sans cesse de réduire nos espaces de liberté et le bien-être des citoyens qui, encore une fois, sont réduits " sous tutelle " par un régime basé sur la force et non le consensus de tous les Congolais.
Je suis convaincu que nos aînés, qui nont pas hésité au début de leur lutte à faire la prison pour réaliser leur idéal de liberté, auraient, à notre place, trouvé le courage de rechercher des solutions pacifiques, se réunissant avec leurs adversaires, autour dune table de négociation, comme dailleurs, ils firent à Bruxelles et au nom du réveil de la conscience africaine à Accra, entre eux.
Certainement, ils nous reprochent de navoir pas continué à bâtir note Etat selon le socle quils avaient tracé par nous.
En réalité le Congo ne doit pas être " RECONSTRUIT " mais tout simplement " CONSTRUIT " par rapport aux réalités de développement du reste du monde.
Nous sommes en grave retard :
- espérance de vie très basse ;
- taux de mortalité enfantine et maternelle les plus élevés du monde ;
- scolarisation en baisse et analphabétisme ;
- industrialisation presque inexistante ;
- incapacité dassumer lautosuffisance alimentaire ;
- manque de sécurité juridique.
Le pouvoir actuel ne fait quaggraver notre retard, paradoxalement prétextant la propagande de la " RECONSTRUCTION ".
Mais sa REDDITION face aux problèmes sociaux des Congolais est une réalité incontestable et douloureuse pour nous tous.
En refusant la réconciliation nationale et lapport des Congolais de toutes les tendances politiques pour la " construction du Congo", le pouvoir fait marche en arrière par rapport aux valeurs qui animaient les Pères de l'Indépendance de notre pays.
Ils nétaient pas pour la guerre, mais pour lunité du Congo dans la paix.
Ils étaient responsables vis-à-vis de leurs concitoyens : ils ne luttaient pas pour leur pouvoir personnel mais pour une cause qui appartenait à tous les Congolais.
Ils ont jeté les fondations dun Etat et jamais ils nauraient voulu quon considère le Congo comme un bien privé. Aujourdhui nous tous nous vivons en syncronisme avec les mouvements du petit doigt de Monsieur Kabila.
Nous devons reprendre le chemin quils avaient tracé en lançant, sans ambiguïtés, le Processus de démocratisation de la RDC, qui nous permettra de mettre en place des institutions étatiques légitimes, impersonnelles et enfin, vouées au bien-être collectif, parce que démocratiques.
La construction du Congo ne peut que passer par la fondation dun véritable Etat de droit, faute de quoi, notre Etat risque de demeurer une " illusion juridique ", avec le fardeau de malheurs, abus, injustices que cela signifie.
Nous craignons que le patrimoine qui nous a été légué par nos pères de lindépendance soit sérieusement menacé.
La reddition des gouvernants actuels face aux problèmes quotidiens et de survie des citoyens et la " construction " du Congo nous donne la preuve quon en nest pas dans le bon chemin de ceux qui ont jeté les fondations du Congo Libre.
Nous avons lobligation morale de nous inspirer à luvre de ceux qui nous ont fait reconnaître comme UNE SEULE ET UNIQUE NATION.
Lalternative est le déchirement du pays, la guerre et la menace de notre souveraineté nationale, pour la présence dun nombre trop élevé de " gendarmes " sur notre territoire.
Cette présence est une menace incontestable pour luvre de nos Pères de lindépendance.
La responsabilité politique et historique de ceux qui sont en train dhypothéquer cette uvre, que nous célébrons le 30 juin de chaque année, est immense.
Il y a un seul esprit qui doit nous animer pour célébrer dignement cet anniversaire : celui de la RECONCIALIATION NATIONALE et de la PAIX, maintenant.
Malheureusement, malgré sa volonté de pacification du pays, le peuple congolais na AUCUNE POUVOIR POLITIQUE pour imposer sa revendication de paix : voilà le vrai drame que vit notre nation aujourdhui.
Kinshasa, le 30/06/1999
IV. LIMITER LAMNISTIE AUX " REBELLES " EST UN " NON SENS " JURIDIQUE
Lamnistie est juridiquement une cause dextinction des crimes (" ABOLITIO CRIMINIS "). Cela veut dire que, une fois publié le décret-loi damnistie, " le " ou " les crimes " pris en compte par cette mesure dindulgence présidentielle ne pourront plus être lobjet de poursuites de la part de la justice Congolaise et cela, naturellement par rapport à tous les citoyens congolais indistinctement.
On considère, en effet, lAMNISTIE comme un pouvoir de suspension de lapplication de la loi pénale, faisant partie des prérogatives dindulgence et clémence du Chef de lEtat.
LAMNISTIE ne peut quêtre RETRO-ACTIVITE, cest-à-dire quelle ne peut prendre en compte que les CRIMES intervenus AVANT sa promulgation et publication. Voilà pourquoi sa publication est très importante.
Dans notre pays nous avons pu constater beaucoup de confusion entretenue autour de la dite " AMNISTIE LIMITEE AUX SEULS REBELLES " quaurait concedéé le chef de lEtat.
Voyons pourquoi :
1) Tantôt le pouvoir se réfère à " lAMNISTIE AUX REBELLES " comme à une mesure dindulgence déjà prise et qui devrait être seulement publiée, tantôt comme à une simple " PROPOSITION " avancée à la table de négociation aux rebelles, en échange dune modération de leurs positions et de la signature du protocole daccord de Lusaka.
2) Dans tous les cas, lAMNISTIE est une mesure juridique dindulgence concernant les CRIMES et NON les individus, contrairement à la GRACE, par exemple, qui est une mesure personnelle.
Cela veut dire que le caractère GENERAL de lAMNISTIE ne tolère pas des limitations concernant certaines catégories dindividus qui en seraient les bénéficiaires (les rebelles, les militaires, les politiciens etc), car selon sa signification juridique, elle ne peut quêtre GENERAL, par rapport AUX CRIMES qui sont énumérés dans son dispositif. La qualité des " incriminés " ne concerne pas le décret-loi damnistie.
Malheureusement certaines personnalités du pouvoir continuent à entretenir la CONFUSION confondant publiquement lAMNISTIE avec LA REMISE DE PEINE ; lamnistie ne requiert nullement une condamnation pénale déjà prononcée pour être opérative, contrairement à la remise de peine.
Mais peut-on remettre la peine aux rebelles qui nont jamais été jugées ?
Dans lactuel contexte, très délicat, dune difficile négociation de paix, dans un cadre en plus international, il serait souhaitable déviter les inconséquences juridiques, pas seulement pour esquiver les critiques dinsufficience dans la négociation menée par le pouvoir, mais aussi parce que la confusion ne permet pas aux autres parties de prendre au sérieux des propositions contradictoires et qui seront systématiquement rejetées, comme cela a été déjà le cas.
Une amnistie concernant " un certain groupe de CRIMES de nature politique et militaires " serait une manière logique et juridiquement correcte davancer une proposition dindulgence générale.
En faisant des propositions qui sont incohérentes nous navançons pas dans la recherche de la paix durable ; la confusion étant une source de conflit.
" L'Amnistie aux rebelles " est une expression vide de sens et de contenu juridique.
Kinshasa, le 31/07/1999